Le dictionnaire des symboles dit que le masque n'est pas sans danger pour celui qui le porte. "ayant voulu capter les forces de l'autre en l'attirant dans les pièges de son masque , il peut être à son tour possédé par l'autre. La force vitale qui s'est condensée dans le masque peut s'emparer de celui qui s'était placé sous sa protection : le protecteur devient le maître." Vrai pour les masques de cérémonies primitives, mais aussi pour tous ceux qui espèrent quelque chose de leur masque (qui peut-être un pseudo-internet, une opération de chirurgie esthétique, un comportement destiné à se faire prendre pour ce qu'on n'est pas). A côté du rapport du masque avec son porteur, il y celui du couple masque-porteur avec son spectateur : celui dont on n'admire généralement pas le visage fait admirer son masque et sait ce qu'on ressent , sans l'inconvénient de se sentir jugé ; il peut lui-même dévisager l'autre à loisir sans être incorrect ; a le plaisir à se sentir différent, d' attirer l'attention sans être vraiment en cause, de jouer un rôle d'acteur, d'expérimenter ce que pourrait être "être un autre ".